Photographie
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Mon parcours en photographie (suite)

J’ai commencé mon parcours en photographie il y a  environ dix ans (voir mon article ici). Il y a quelques années, je me suis posé cette question : qu’est-ce que je veux faire de cette compétence? Un métier, un hobby satisfaisant, une manière de faire de l’art? J’ai déjà un travail qui me donne sympathiquement à manger, et je ne suis pas faite pour le commerce. Je n’ai jamais pris de photos de vacances, à part quelques selfie avec des paysages ou des gens. Mais j’ai des choses à dire, donc j’ai décidé d’essayer l’art.

Mais comment?

Une petite introspection était nécessaire… étant donné i) ma paresse, ii) ma timidité par rapport  aux gens, iii) mon manque de technique qui me met un peu mal à l’aise, iv) ma difficulté à rester concentrée sur une chose plus que une-max deux heures sans devoir changer d’activité, v) mon introversion, vi) mon minimalisme, vii) des moyens économiques limités, j’ai commencé à prendre des photos de moi, chez moi, des objets que je possède, de ma maison.

J’ai commencé à mettre tout ça en scène.

Je voulais un.e modèle, j’ai donc choisi moi-même, par confort.

Faire des autoportraits avec un appareil analogique totalement manuel n’est pas si facile : il faut organiser la mise au point, ce qu’on veut voir sur l’image (on ne peut pas faire de recadrage substantiels en argentique), faire gaffe aux lumières, quitter la pose pour armer après chaque déclenchement, cacher le fil du déclencheur souple (j’ai pressé la pipette avec la tête, les pieds, les fesses, rarement avec les mains!)… c’est un peu galère, mais très amusant!

Sans compter que pour m’amuser davantage, je me suis imposé des contraintes supplémentaires : je n’utilise pas de trépied (des livres ou des objets empilés font l’affaire quand il le faut), ni de flash, ni de zoom, toujours le même objectif, et comme lumières, celle du soleil, ou d’une lampe de bureau, ou l’éclairage de la maison, ou une lampe frontale. Cette manière un peu barbare de procéder est devenue peu à peu ma marque de fabrique, ma manière de me rapporter à l’image, à moi et au monde à travers l’image.

Photographie Série "Hard-Corps"

Daniela Rossi, Série « Hard-Corps »

J’interprète le monde à partir de chez moi, et j’ai découvert que c’est vraiment ma manière de fonctionner, au delà de la photo.

Du coup j’ai décidé de radicaliser les choses encore davantage : je ne photographie que ce que j’ai déjà, avec les moyens du bord : je ne vais pas acheter un outil ou un objet pour faire la photo que je veux, je m’adapte à ce que je trouve chez moi.

Cette contrainte m’oblige à trouver des solutions parfois inattendues pour obtenir ce que je souhaite. Ça entraîne mon imagination, ma capacité à faire face aux situations, à trouver des usages marrants pour des objets incongrus, à donner un sens nouveau au petit monde qui m’entoure.

Ce procédé m’a permis d’aller au delà du côté purement technique, qui, comme je l’ai dit, n’est pas mon point fort.

Photographie et réalité

Par exemple, dans la photo ci-dessus, j’ai voulu créer une ambiance, j’ai voulu que la personne qui regarde imagine que moi, ou quelqu’un d’autre, vient de se débarrasser de sa perruque en la jetant su le lit, après avoir vécu on ne sait quelle soirée étrange, où il.elle s’est transformé.e en une personne différente… et que, en tant que photographe, j’aurais cueilli ce moment intime, où la forme de la tête tient encore la perruque ouverte, comme un trou béant, une coquille qui referme des profondeurs sombres, peut-être une double personnalité…

Photographie Perruque

Daniela Rossi, Nature morte

En réalité, c’est une mise en scène…

La perruque, je l’avais achetée à l’origine pour me déguiser en hobbit à une fête « Seigneur des Anneaux », et pour la faire tenir ouverte j’ai mis des cure-dents à l’intérieur, autrement elle aurait été toute plate. Le fond, c’est un drap en lin, pour faire référence à un lieu intime. Tous ces objets m’appartiennent, mais la composition de la photo ne reflète aucune réalité… et je trouve cela ultra-puissant!

Dans le livre « Leçon de photo intégrale », Nobuyoshi Araki dit que « Une image n’est dans aucun cas la réalité. Le monde que décrit l’image est un fantasme. Le degré de confiance offert par la photographie est plus fort que celui d’un dessin. C’est un mensonge encore plus grand »*.

La photographie m’apprend à créer une réalité, inventer des mondes, transformer le banal en extraordinaire.

Photographie Série "La Soif"

Daniela Rossi, série « La Soif »

Elle me permet de prendre du recul par rapport à moi-même et me découvrir en même temps.

Je ne sais pas si j’arrive à faire de l’art pour du vrai, j’ai toujours une timidité par rapport à cela. Mais j’essaie. J’essaie tous les jours, et ça me rend heureuse!

*Nobuyoshi Araki, « Leçon de photo intégrale », Atelier Akatombo, 2018

https://livre.fnac.com/a12706359/Nobuyoshi-Araki-Lecon-de-photo-integrale

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3 Commentaires

  • Reply Claudia 16/05/2021 at 11:17

    Sarò di parte, ma secondo me sicuramente hai lo spirito di un’artista e, cosa più importante, riesci a trasmetterlo! Sia con le foto che con le parole. Ora che ci penso, non va bene che non ho neanche una foto tua a casa mia, bisogna rimediare, eh!

    • Reply daniela 21/05/2021 at 10:32

      Grazie :)! Ed è vero, rimedieremo!

  • Reply Mon parcours en photographie – Photographie – 08/06/2021 at 12:12

    […] À suivre ici  https://mycurcumadays.com/2021/05/15/mon-parcours-en-photographie-suite/ […]

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