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Déjà-vu…

Ce vendredi 26 mars 2021 est un déjà-vu : l’année passée, à une semaine près, on fermait le bureau. C’est moi qui suis sortie la dernière, j’ai éteint les ordinateurs, la photocopieuse, débranché la machine à café, les lumières, et en dernier, clac, clac, la porte du secrétariat. On s’était dit au revoir en croyant rouvrir après les vacances de Pâques, on y croyait, on se sentait déjà des survivant.e.s. Pour l’été au plus tard ce sera fini.

Ce soir, je vais répéter ces mêmes gestes une deuxième fois, on se dira encore au revoir, mais on y croit un peu moins…

Je m’y attendais, mais la nouvelle est tombée comme un coup de massue, j’étais sonnée, j’ai pris un café car je m’endormais soudain sur ma table de bureau. Une fatigue dans la tête. On ferme.

Déjà-vu…

Hier, je me suis réveillée dans l’état d’esprit confinement. Aujourd’hui aussi. C’est une sensation particulière, comme si la journée était un mur blanc, vaste et vide, du blanc tout autour. Un blanc que je me fais un devoir de remplir, en m’occupant avec des tâches simples, ordinaire, ranger, manger, m’habiller, nettoyer, faire de la gym, passer sous la douche, traîner sur les réseaux sociaux, écrire, prendre des photos, chez moi, en boucle. Et me dire que quoi qu’il arrive, à minuit je serai dans mon lit.

Déjà-vu…

Le temps s’effiloche, je n’ai rien à raconter, je ne sais plus quoi dire aux ami.e.s. On n’était pas habitués à ne pas se voir, à gérer une amitié à distance, on s’est donc perdus.

Cette fois, je ne vais pas tenir un journal, je n’ai même pas le courage de relire celui que j’ai tenu l’année passée. Je prends des photos, j’erre dans la maison pour guetter les fissures, les angles insolites, les formes, le rayon de lumière qui tombe soudain sur une vitre, sur un mur, des galaxies qui se cachent dans un trou, des espaces dans des ustensiles, de l’érotisme dans les fruits, de la magie partout. Je poste une photo prise chez moi tous les matins sur Facebook depuis 138 jours, je me suis engagé dans ce challenge jusqu’à la fin du confinement, et j’en vois pas la fin (https://www.facebook.com/DanielaRossi1551)

Parce que ce sera fini le jour où il n’y aura plus de couvre-feu, le jour où tout sera ouvert comme avant, le jour où on pourra danser, aller au cours, se retrouver ensemble, voir nos visages. Ce n’est pas aujourd’hui, ni demain, ni après-demain. J’ai encore beaucoup de photos devant moi.

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