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Cindy Sherman

Cindy Sherman est une de plus grandes photographes vivantes et en activité.

À presque 67 ans (elle est née en 1954 dans la banlieue de New York), elle a vécu et profité des changements de la techniques photographique, en passant de l’argentique au digital, et dernièrement au smartphone.l

Tout en ayant à son actif des expos dans les galeries et les musées les plus renommés, elle publie régulièrement sur Instagram.

Cindy Sherman, Untitled 92

Cindy Sherman est connue pour ses autoportraits, ses transformations, la foule de personnages qu’elle incarne grâce au maquillage, aux vêtements, aux perruques et même aux prothèses, des artifices qui la rendent différente et tellement toujours la même, que ce soit en bourgeoise, en clown, en homme désabusé, femme fatale ou jeune ménagère, et plein d’autres. Elle est belle, laide, jeune, vieille, joyeuse ou cassée par la vie, grotesque, fière, pitoyable, romantique, dure ou émouvante, elle est tout le monde, sans s’identifier à personne.

Cindy Sherman, Untitled 584, 2017-2018

Cindy Sherman, Untitled 602, 2019

En les représentant à leur paroxysme, elle détruit tous les stéréotypes, et surtout les stéréotypes féminins, et en montre l’absurdité de façon tellement évidente que ça fait l’effet une gifle. Une belle gifle sonore, qui réveille de la torpeur des clichés et des personnages que la société nous demande d’incarner.

Cindy Sherman, Untitled Film Still 84, 978

Nous sommes tous.tes multiples, et paradoxalement c’est ce qui fait notre unicité.

La mise en scène est totale, au point que les photos fonctionnent un peu comme des tableaux (ce n’est pas un compliment, c’est une constatation), avec un fond très travaillé. Les références aux grands peintres du passé ou les codes de la photo de mode sont passés à travers le filtre du kitsch, de la couleur criarde, de l’expression désabusée.

Rien n’est sacré pour Cindy Sherman!

Cindy Sherman, Old Masters

Elle détruit le diktat du regard masculin, pour lequel c’est le regard que les hommes portent sur les femmes qui détermine ce à quoi elles doivent se conformer pour leur plaire (car il va de soi que plaire aux hommes devrait être le but de chaque femme). Le regard masculin (« male gaze » en anglais) est tellement présent dans notre société que beaucoup d’entre nous l’ont intégré sans s’en rendre compte.

Et comment elle détruit ce regard envahissant? Eh bien en présentantes femmes qui ne sont pas sous l’emprise de ce regard, qui sont centrées sur elles-mêmes sans honte, en jouant avec les formes et les couleurs pour créer le malaise au lieu de l’attirance, où même la beauté standard est plus gênante qu’autre chose, car si évidemment fausse, et tragique, en se transformant en homme dépourvu de charge sexuelle, au regard éteint.

Cindy Sherman, Untitled 96, 1981

 

Cindy Sherman, Disasters, 1985

Elle travaille par séries, « Untitled Film Stills » (1977-1980), « Centerfolds/Horizontals » (1981), « Fashion » (1983/1984/1993/1994), « Disasters » (1985-1989), « History Portraits/Old Masters » (1988-1990), « Clowns » (2003-2004), liste non exhaustive.

Dans « Untitled Film Stills », chaque image illustre un des rôles que la femme américaine moyenne, en tant que groupe social, est appelée à recouvrir. On y remarque la pose, la fausseté de ces rôles qui réduisent la personne à une fonction.

« Horizontals » est une série de photos horizontales, format typique des magazines sexy, où apparaissent des femmes couchées, habillées, mais où la parallèle est évident : toute femme est sexualisée.

Dans « History Portraits/Old Masters », la photographe refait des scènes de tableaux célèbres, notamment des Madones, dont les faux-seins en plastique sont visibles, ce qui montre le côté artificiel de l’image féminine proposée.

Et en fin de comptes, la femme Cindy Sherman n’apparaît nulle part, elle utilise son visage et son corps comme un matériau brute à modeler pour incarner l’idée que l’artiste veut représenter. À travers ces centaines d’autoportraits, elle ne parle pas en tant qu’individu, n’exprime pas ses émotions personnelles, elle représente de façon déformée au paroxysme une société malade, décadente mais sans charme, aux rôles figés.

Cindy Sherman, Untitled 571, 2016

C’est parce qu’elles parlent de nous et montrent les dessous des apparences, ce qu’on n’a pas envie de voir, que les photos de Cindy Sherman sont fortes, attirantes et repoussantes en même temps, violentes, tendres et dégoûtantes, excessives et pourtant si justes.

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cindy_Sherman

https://blog.artsper.com/fr/la-minute-arty/10-choses-a-savoir-sur-cindy-sherman/

https://information.tv5monde.com/terriennes/au-fil-de-ses-metamorphoses-la-photographe-cindy-sherman-bouscule-les-stereotypes-379376

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