Empowerment!

Devenir minimaliste (je le fais!)

« The things you own end up owning you », Tyler Durden dans Fight Club, de David Fincher (https://mycurcumadays.com/2021/04/02/fight-club-un-film-minimaliste/)

Je vis dans la même maison depuis presque vingt ans. À devenir minimaliste, je n’y pensais même pas! Et c’était une erreur…

Pendant longtemps, on y a habité à cinq : moi, mon ex-mari, et nos trois enfants. Autant vous dire à quel point les objets se sont accumulés au fil des années, dans toutes les pièces, y compris le jardin!

Je suis plutôt fan de l’ordre, donc j’arrivais à plus ou moins tout caser, mais l’espace était encombré, fatigant à la vue. Et il valait mieux ne pas ouvrir tiroirs et armoires…

Dans son livre Goodbye, things, Fumio Sasaki dit qu’il faut un élément déclencheur pour devenir minimaliste, une séparation, un déménagement, une catastrophe naturelle, une reprise en main de sa vie en général.

Pour moi, ça a été la séparation, mais pas tout de suite, il a d’abord fallu digérer le truc!

Selon les accords établis avec mon ex-mari, j’ai gardé la maison avec les meubles et pas mal de leur contenu. Dans sa nouvelle vie, il voulait de nouvelles choses, ce qui est une démarche plutôt saine. Sauf que moi je me suis retrouvée dans une maison où tout me rappelait mon ancienne vie, ce qui n’est pas une situation particulièrement saine à terme.

Il m’a fallu du temps (des années), mais un jour je me suis enfin sentie prête à me libérer de ces objets qui ne faisaient plus partie de ma vie. J’ai commencé par éliminer le « gros brol », comme le vieux buffet avec des torsades de la grand-mère de mon ex, le lit conjugal, l’armoire qui allait avec, le canapé défoncé, quelques petits fauteuils. Puis a été le tour des choses que je gardais par inertie, celles que je n’utilisais pas ou plus, comme le home cinéma, le barbecue, le lave-vaisselle. J’ai fait un tour à la cave : les vieilles cassettes audio, des outils, des boîtes, des objets en tous genres sont partis.

J’ai lu Marie Kondo et j’ai viré tout ce qui ne me donnait pas de la joie, y compris beaucoup de livres (non, ils ne sont pas sacrés!) et de vêtements, des housses de couette et des oreillers, une quantité énorme d’objets variés, la vaisselle, les couverts et les tasses (à la place, j’ai acheté douze assiettes noires que j’aime beaucoup et qui font ressortir les couleurs de la nourriture, six grandes et six petites, des couverts design, des bols et quelques tasses colorées).

J’ai remplacé des meubles par des plantes. J’ai pu accéder à des coins et des murs qui étaient occupés avant et avoir des points de vue oubliés sur les pièces. C’est une sensation que j’aime beaucoup.

La lecture du livre Goodbye, things n’a fait que confirmer ce dont j’avais eu l’intuition, c’est-à-dire que peu de choses sont importantes, ou utiles, et que plus on possède, moins on est libres, moins on a de place pour nous, moins on voit et on apprécie réellement les choses qu’on aime, car elles sont noyées dans tout le reste.

Devenir minimaliste, ce n’est pas une course…

Devenir minimaliste n’est pas une compétition où celui.celle qui possède moins de cent objets gagne, mais c’est le fait de reconnaître quels objets sont vraiment importants pour soi et non pour l’apparence, la façade. Par exemple, je peux avoir plein de livres pour montrer à mes ami.e.s que je suis cultivée afin qu’ils.elles me trouvent intéressante, mais peut-être je ne les lis pas, ils sont inutiles dans ma vraie vie. Autant s’en séparer, et se montrer pour la personne que l’on est, ce n’est pas grave ne pas aimer lire ou préférer avoir un e-book parce que c’et plus pratique et économique.

Selon l’auteur, le minimalisme est à la fois une philosophie et un mode de vie qui vise au bonheur, un chemin qui part du constat qu’on possède trop de choses, et que ces choses nous bouffent du temps, de l’énergie, de l’argent, de l’espace physique et mental, et, in fine, notre liberté.

J’ai lu ce livre avec un immense plaisir. Seulement en le lisant, j’ai eu l’impression d’être plus légère!

 

Le fait d’éliminer les choses chez moi a eu comme conséquence directe de faire ressortir le fait que la maison avait besoin d’un sérieux décrassage. Très sérieux. J’ai gratté les sols, fait réparer le plâtre de la salle à manger, repeint les murs (pas fini encore!!), décapé et repeint des portes et les armoires de la cuisine.

Le fait d’avoir peu de meubles me permet maintenant de les bouger facilement, de créer des nouveaux espaces et de nouvelles ambiances. Aux murs, j’essaie le plus possible d’appuyer les objets sans les accrocher pour qu’ils soient mobiles.

Je récupère aussi les vêtements au lieu de les acheter neufs (bon, je craque deux ou trois fois par an au moment des soldes ou à l’outlet). Je n’aime pas choisir, j’hésite toujours, alors récupérer les vêtements me libère de ce petit stress également, et stimule ma créativité dans la combinaison des habits.

Suite au premier confinement, j’ai aussi abandonné le maquillage, que déjà j’utilisais peu, et je suis en train d’abandonner le soutien-gorge. Puisque, comme le disent les minimalistes, le meilleur moyen de ne pas utiliser une chose est de ne pas l’avoir, je n’ai pas mis de soutif dans ma valise des vacances d’été. Au retour, surtout pour le retour au bureau, la tentation a été forte de le reprendre, mais je tiens bon!

Je ne suis pas devenue une minimaliste super sérieuse, je n’ai pas réduit mes possession au strict  minimum, je pense que jamais je n’attendrai les 300 objets préconisés par Grégory Laurent dans son excellent blog leminimaliste.com dont la lecture m’apporte toujours beaucoup d’inspiration, mais je me suis débarrassée de tout ce dont je ne suis pas convaincue que ça vaille la peine de lui donner de la place chez moi.

Maintenant, avant de faire un achat, je me demande si j’en ai vraiment besoin, et si la réponse est non, je ne le fais pas. J’ai découvert que renoncer à un achat me donne autant de satisfaction que le fait de le faire, aussi sur le moyen terme, car je ne devrai pas faire l’effort de m’en débarrasser un jour.

Je peux encore me débarrasser de plusieurs choses, j’en suis consciente, surtout qu’on accumule constamment, sans même s’en rendre compte. Par exemple, je sais qu’un tiroir que j’avais vidé est à nouveau rempli de je ne sais trop quoi. Trop de trucs traînent sur ma bibliothèque… je dois tenir à l’oeil cette tendance bizarre à garder les boîtes vides… Devenir minimaliste est une chose, le rester en est une autre! Je suis le blog https://une-vie-simple-et-zen.fr/ d’Aurélie et Youri pour garder la motivation à éliminer régulièrement!

J’aime ma maison et j’aime m’en occuper. Quelque part, l’endroit où on vit fait partie de nous, se charge de notre présence, de notre vécu. Du coup, c’est très désagréable quand on ne se sent pas à l’aise chez soi, quand son chez soi n’est pas en phase avec nous-mêmes.

Bien sûr, on n’est pas obligé de devenir minimalistes pour ça. Si on aime se blottir dans une tanière pleine d’objets qu’on aime, c’est cool! Si contempler notre collection de boules à neige fait sourire les gens mais nous donne une grande satisfaction personnelle, c’est super! Mais si on aime les espaces vides car ils nous apaisent, faut les vider! Si les souvenirs nous pèsent, dégageons-les, physiquement!

Se sentir libre, c’est se correspondre, ce sont les contraintes extérieures qu’on adopte sans même s’en apercevoir qui nous emprisonnent, ce sont les concessions quotidiennes  qui nous rongent.

Pour moi, libérer ma maison des lourdeurs a été jouissif, et j’ai envie de poursuivre dans cette lancée.

 

Listes

J’ai listé les choses dont je me suis débarrassée au fil des années, pour le plaisir. Voici ma liste, jamais définitive :

  • le lave-vaisselle
  • le robot de cuisine
  • les 3/4 de mes livres
  • les CD, cassettes audio et DVD, deux enregistreurs, des réveils, le home-cinéma
  • deux armoires à vêtements, deux buffets, quatre fauteuils + une banquette, des chaises (remplacées par 4 nouvelles), trois lits (remplacés), vaisselle, couverts, verres (remplacés en plus petit nombre), casseroles, récipients en tout genre
  • les 3/4 de mes vêtements, des chaussures, des sacs à main
  • posters et tableaux
  • la plupart des cartes de visite ou de fidélité qui traînaient dans mon portefeuille
  • le matériel de maquillage, sauf les vernis à ongles que je mets régulièrement, un mascara et un rouge à lèvres, et une quantité incroyable de petites choses qui occupaient les tiroirs et armoires de la salle de bains
  • une caisse de câbles, du matériel électrique, deux vieux ordinateurs fixes, des choses diverses que j’ai découvert à la cave et que je ne savais même pas d’avoir
  • des outils, des vis et des clous (j’en a racheté en petite quantité quand j’en ai eu besoin)
  • pas mal de matériel et de produits de nettoyage
  • plein de boîtes à chaussures vides, des pots, des bouteilles vides, des vieilles couvertures et oreillers
  • les meubles de jardin et le barbecue (inutilisé et rouillé depuis des années)

Ce que je garde, même si ça prend de la place, même si je ne l’utilise pas :

  • les jouets des enfants, leurs dessins, les vêtements qu’ils aimaient, leurs premières chaussures
  • les objets souvenir de leur enfance et adolescence, y compris leurs livres, CDs, DVD et jeux vidéo
  • leurs notes de cours, mais c’est provisoire
  • les photos et les boîtes à souvenirs
  • ma collection d’aimants sur le frigo, mes coquillages, des objets de famille (les cloches de mon grand-oncle, le cendrier de mon grand-père par exemple)
  • les choses qui me donnent un plaisir esthétique.

J’en suis là dans mon parcours d’apprentie minimaliste! J’ai pu mettre un nom et un contenu sur mon besoin originel de légèreté, de découverte personnelle, de libération d’un passé révolu.

Pour moi le fait de devenir minimaliste n’est pas un réel mode de vie, mais quelque chose que je garde à l’esprit, une sorte de ligne directrice de comportement qui me positionne face à ce monde de plus en plus complexe et difficile à comprendre, et c’est ça peut-être ce qui est le plus important! 🙂

Fumio SASAKI, Goodbye, things, e-book

Marie KONDO, La Magie du Rangement, e-book

leminimaliste.com

https://une-vie-simple-et-zen.fr/

 

close
Next Post

Ces articles peuvent aussi vous plaire

2 Commentaires

  • Reply No-color, no-bra & co! – My Curcuma Days 18/02/2021 at 18:33

    […] pas du tout sexy. En suivant les conseils de Marie Kondo (j’en parle dans mon article Mon minimalisme),  j’ai exposées mes chaussures à talon dans ma chambre, car elles sont belles et j’aime les […]

  • Reply Le zen et l'art du repassage – My Curcuma Days - empowerment blog! 26/09/2021 at 21:39

    […] Je repasse simplement, comme ma grand-mère faisait, sur une nappe adaptée que je range dans un tiroir quand je ne l’utilise pas. Je n’aime pas la table à repasser, qui est franchement moche et encombrante, même pliée. Je la trouve en plus complètement inutile, on n’a pas besoin d’une table spécifique au repassage, celle de la salle à manger ou du bureau peuvent très bien faire l’affaire, avec la nappe. Et moins d’objets on possède, mieux c’est (vous le savez déjà, je suis minimaliste, pas hard-core, mais minimaliste https://mycurcumadays.com/2020/12/01/devenir-minimaliste/). […]

  • Laisser un commentaire